09/09/2004

Les origines africaines probables de l'écriture

L’histoire de l’écriture en Europe commence avec Cadmos qui vint vers le Ier millénaire av. J.C., livrer « clé en main » aux Pélasges (l’une des composantes du peuple grec) la technique de l’écriture qui avait été enseignée autrefois aux Phéniciens par les prêtres égyptiens. De l’aveu même d’Hérodote et de Diodore, l’écriture européenne n’est donc pas le fruit de la culture grec mais bel et bien de tradition africaine. Voilà pourquoi les Européens anciens n’ont pas connu d’écriture pictographique et de l’aveu de certains, leur quête dans ce domaine fut assez pauvre.

«  Notre civilisation, qui n’a jamais eu d’autre expérience de l’écriture que l’alphabet (apportée par Cadmos), a pu sous estimer l’importance des signes graphiques dans la communication », nous livre par exemple le site web de la BNF.

Pour l’Afrique noire, c’est tout le contraire vu qu’il a toujours existé de nombreux systèmes d’écriture. Par conséquent, si on admet que l’Histoire (avec un grand H) commence avec l’apparition de l’écriture, l’Afrique est, en l'état actuel des connaissances, le berceau de l’histoire et de la civilisation. A ce propos, la BNF nous dit :

«  Berceau présumé de l’humanité, le continent africain est aussi un immense espace géographique et culturel qui vit naître, en certaines de ses régions, des écritures réputées être parmi les plus anciennement inventées sur la terre, comme les hiéroglyphes d’Égypte ou l’écriture méroïtique de la haute vallée du Nil ; s’y développèrent dès l’Antiquité d’autres systèmes, alphabétiques ou syllabiques : écritures punique et libyco-berbère, grecque et latine, sur la bordure méditerranéenne ; écritures éthiopiennes en Afrique de l’Est ; écriture arabe à partir du VIIe siècle en Afrique du Nord, et dans les régions sahariennes, soudanaises et nigériennes islamisées  ».

1- L’Afrique ancienne

Les fouilles menées en 1998 par le professeur Günter Dreyer, directeur de l’Institut d’Archéologie d’Allemagne, ont dévoilé que l’écriture est née en Afrique noire (Soudan) vers 3 400 av. JC, donc bien avant la Mésopotamie (où les hommes ont écrit par la suite sur des tablettes d’argile). A ce sujet, ce dernier confirma que (Cf. Dépêche agence Reuters du 15/12/98) :

"L’écriture égyptienne était bien plus avancée que celle de la Mésopotamie qui à l’époque n’était pas encore habitée par les Sumériens".

En effet, à 400 km au sud du Caire, à Abydos, son équipe a trouvé 300 poteries dans des tombes royales, portant des inscriptions hiéroglyphiques. Cette information est importante car elle atteste que bien avant l’avènement du pharaon soudanais Narmer, unificateur des deux terres (Haute et Basse Egypte) vers 3 200 avant J.C., cette découverte cruciale pour l’humanité, avait déjà été faite par les Africains anciens près de 200 ans au paravant.

Ceci est d’autant plus remarquable que les Nègres ont utilisé la faune et la flore africaine, au sud de l’Egypte, pour mettre au point cette invention (lions, babouins, roseaux, crocodiles, hippopotames, etc...).

Pour les Egyptiens, c’est une femme/déesse nommée Séchat qui a recueillit auprès du Divin les « signes sacrés » (Medou Neter) et qui les a ensuite transmit à son époux (Djehouty dit Thot) afin que ce dernier les révèle aux Nègres. Cette découverte est d’autant plus importante que l’écriture cunéiforme est restée stérile et n’a engendrée aucune autre forme d’écriture, contrairement aux hiéroglyphes qui donnèrent naissance aux autres formes d’écriture actuelles.

Cependant, en Egypte (Kemet, de son nom antique), il a existé plusieurs types d’écriture. Premièrement : en fonction de la nature de l’utilisation il existait, comme l’ont attesté les Grecs, trois sortes d’écriture :

-   Monumentale,
-   Administrative,
-   Religieuse.

Deuxièmement, il convient de noter les évolutions techniques de cette écriture à travers le temps :

-   les hiéroglyphes,
-   le hiératique,
-   le démotique.

Mais dans l’antiquité africaine, il existait aussi l’écriture Méroïtique de l’empire Koushite (non encore complètement déchiffrée) et de sa capitale Méroé. Celle-ci prit la succession de l’ancienne capitale Napata au sud de l’Egypte (près de la montagne sacrée du Djebel Barkal) et perdura du 6ème siècle avant J.C au 4ème siècle de notre ère.

Cette civilisation Koushite, à l’origine de la civilisation égyptienne, a d’ailleurs conquis l’Egypte et fondé la 25ème dynastie, vers 700 avant J. C. Certains de ses pharaons célèbres furent Piankhi, Shabaka, Shabataka, Taharqa, Tanounamon, etc...

Diffusion de l’écriture dans l’humanité

Ecriture de l’empire Koush (Méroé)

2- L’Afrique précoloniale

L’Afrique précoloniale a connu divers hommes de lettres qui maîtrisaient divers types d’écritures dont certains ont été révélés par le linguiste Théophile Obenga (Cf. L’Afrique dans l’antiquité - Théophile Obenga), l’historien Ibrahima Baba Kaké (Cf. La vie privée des hommes. Au temps des grands empires africains - Ibrahima Baba Kaké - éd. Hachette jeunesse ), le professeur Louis Maes Diop (Cf. Afrique Noire : démographie, sol et histoire - Louise Maes Diop - éd. Khépéra & Présence Africaine ), l’historien Pathé Diagne (Cf. Histoire Générale de l’Afrique - Pathé Diagne - Unesco, tome 1) et le professeur Cheikh Anta Diop (Cf. L’Afrique noire précoloniale - Cheikh Anta Diop - éd. Présence Africaine ).

Parmi celles-ci on peut citer les écritures Arako (Yoruba au sud du Nigéria), Giscandi (des Kikuyu au Kenya), Mende (Sierra Léone) ou encore Nisbidi (des Efik au Nigéria). L’écriture Giscandi fut découverte en 1910 par W. Scoresby Routledge et Katherine Routledge. A propos de l’écriture Nsibidi, P. A. Talbot souligne que celle-ci est sûrement très ancienne et dans une large mesure, pictographique.

Une comparaison faite par Obenga montre la parenté entre certains signes égyptiens et Nsibidi. Pour l’écriture Toma, J. Joffre constate que certains signes connaissent une modification dans leur orientation pouvant aller jusqu’à 180°. Les supports de ces écritures sont assez divers : murs, piliers, tablettes, pierres, tissus, arbres, calebasses, etc...

« Certes, on ne parle pas d’alphabet, de ponctuation ni d’orthographe, mais d’une grammaire visuelle qui organise ces signes. Le regard en reconnaît l’ordre, et c’est en inventant la lecture, pour comprendre les messages gravés, que chacun à sa manière s’engage sur la trace de l’écriture. Le signe graphique africain représente le plus souvent, un message complet et non une forme phonétique isolée  » nous dit la BNF mais encore ne faut-il pas enterrer trop vite l’alphabet.



18:45 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

c nul

Écrit par : maraya | 25/01/2012

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