03/09/2004

10 prétextes fallacieux !!!

Voici 10 textes ou extraits de textes plus ou moins convaincu cherchant à justifier les raisons de la colonisation. Voilà où mène l'obscurantisme, qu'il soit religieux, idéologique ou nombriliste.
 

1-Coloniser pour doper l’économie :

"J’étais hier dans l’East-End (quartier ouvrier de Londres), et j’ai assisté à une réunion de sans-travail. J’y ai entendu des discours forcenés. Ce n’était qu’un cri. Du pain ! Du pain ! Revivant toute la scène en rentrant chez moi, je me sentis encore plus convaincu qu’avant de l’importance de l’impérialisme...

L’idée qui me tient le plus à coeur, c’est la solution au problème social : pour sauver les quarante millions d’habitants du Royaume-Uni d’une guerre civile meurtrière, nous les colonisateurs, devons conquérir des terres nouvelles afin d’y installer l’excédent de notre population, d’y trouver de nouveaux débouchés pour les produits de nos fabriques et de nos mines. L’Empire, ai-je toujours dit, est une question de ventre. Si vous voulez éviter la guerre civile, il faut devenir impérialiste."

Extrait du journal Neue Zeit de Cécil Rhodes, Premier ministre du Cap, 1898.

2-Coloniser pour voler les richesses de l’autre

"La nature a distribué inégalement, à travers la planète, l’abondance et les dépôts de ces matières premières ; et tandis qu’elle a localisé dans cette extrémité continentale qui est l’Europe le génie inventif des races blanches, la science d’utilisation des richesses naturelles, elles a concentré les plus vastes réservoirs de ces matières dans les Afriques, les Asies tropicales, les Océanies équatoriales, vers lesquelles le besoin de vivre et de créer jettera l’élan des pays civilisés. L’humanité totale doit pouvoir jouir de la richesse totale répandue sur la planète. Cette richesse est le trésor commun de l’humanité."

A. Sarraut, Grandeur et servitudes coloniales, 1931.

3-Coloniser au nom de Dieu

"Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphone, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (nègres), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (...) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...) Beaucoup de Guinéens et d’autres Noirs qui avaient été capturés, certains aussi échangés contre des marchandises non prohibées ou achetés sous quelque autre contrat de vente régulier, furent envoyé dans les dits Royaumes (Amérique, Antilles...)".

Extrait de la Bulle papale du Pape Nicolas V, 8 janvier 1454

4-Coloniser au nom de la providence

"Messieurs, La providence nous a dicté l’obligation de connaître la terre et d’en faire la conquête. Ce suprême commandement est l’un des devoirs impérieux inscrits dans notre intelligence et dans notre activité. La géographie, cette science qui inspire un si beau dévouement et au nom de laquelle tant de victimes ont été sacrifiées, est devenue la philosophie de la terre."

Déclaration de l’Amiral La Roncière le Noury, au Congrès international de Géographie de Paris, 1875.

5-Coloniser au nom de la paix

" Une nation est comme un individu : elle a ses devoirs à remplir et nous ne pouvons plus déserter nos devoirs envers tant de peuples remis à notre tutelle. C’est notre domination qui, seule, peut assurer la paix. la sécurité et la richesse à tant de malheureux qui jamais auparavant ne connurent ces bienfaits. C’est en achevant cette oeuvre civilisatrice que nous remplirons notre mission nationale, pour l’éternel profit des peuples à l’ombre de notre sceptre impérial (...)

Cette unité (de l’Empire) nous est commandée par l’intérêt : le premier devoir de nos hommes d’Etat est d’établir à jamais cette union sur la base des intérêts matériels (...)

Oui, je crois en cette race, la plus grande des races gouvernantes que le monde ait jamais connues, en cette race anglo-saxonne, fière, tenace, confiante en soi, résolue que nul climat, nul changement ne peuvent abâtardir et qui infailliblement sera la force prédominante de la future histoire et de la civilisation universelle (...) et je crois en l’avenir de cet Empire, large comme le monde, dont un Anglais ne peut parler sans un frisson d’enthousiasme (...) "

Discours de Joseph CHAMBERLAIN, ministre des colonies en 1895.

6-Coloniser au nom de la nature humaine

"La nature a fait une race d’ouvriers. C’est la race chinoise d’une dextérité de main merveilleuse, sans presque aucun sentiment d’honneur ; gouvernez-la avec justice en prélevant d’elle pour le bienfait d’un tel gouvernement un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre : soyez pour lui bon et humain, et tout sera dans l’ordre ; une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien."

Ernest Renan, La Réforme intellectuelle et morale, 1871.

7-Coloniser au nom de la race blanche

"En premier lieu je crois en l’Empire britannique, et en second lieu je crois en la race britannique. Je crois que la race britannique est la plus grande des races impériales que le monde ait connues. Je dis cela non comme une vaine vantardise, mais comme une chose prouvée à l’évidence par les succès que nous avons remporté en administrant les vastes possessions reliées à ces petites îles, et je crois donc qu’il n’existe pas de limite à son avenir."

Discours de Joseph Chamberlain (1895), ministre des Colonies de Grande-Bretagne.

7-Coloniser au nom de la soumission de l’univers

"La colonisation est la force expansive d’un peuple, c’est sa puissance de reproduction, c’est sa dilatation et sa multiplication à travers les espaces ; c’est la soumission de l’univers ou d’une vaste partie à sa langue, à ses moeurs, à ses idées et à ses lois. Un peuple qui colonise, c’est un peuple qui jette les assises de sa grandeur dans l’avenir et de sa suprématie future... A quelque point de vue que l’on se place, que l’on se renferme dans la considération de la prospérité et de la puissance matérielle, de l’autorité et de l’influence politique, ou que l’on s’élève à la contemplation de la grandeur intellectuelle, voici un mot d’une incontestable vérité : le peuple qui colonise est le premier peuple ; s’il ne l’est pas aujourd’hui, il le sera demain."

P. Leroy-Beaulieu, De la colonisation chez les peuples modernes, Guillaumin éd., 1870,

8-Coloniser pour asseoir sa prédominance politique

"Messieurs, au temps où nous sommes et dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché. On a remarqué, en effet, et les exemples abondent dans l’histoire économique des peuples modernes, qu’il suffit que le lien colonial subsiste entre la mère-patrie qui produit et les colonies qu’elle a fondées, pour que la prédominance économique accompagne et subisse, en quelque sorte, la prédominance politique."

Jules Ferry, Discours, 1885.

9-Coloniser pour se mettre en rapport avec l’autre

"Coloniser, c’est se mettre en rapport avec des pays neufs, pour profiter des ressources de toute nature de ces pays, les mettre en valeur dans l’intérêt national, et en même temps apporter aux peuplades primitives qui en sont privés les avantages de la culture intellectuelle, sociale, scientifique, morale, artistique, littéraire, commerciale et industrielle, apanage des races supérieures. La colonisation est dont un établissement fondé en pays neuf par une race avancée, pour réaliser le double but que nous venons d’indiquer."

Merignhac, précis de législation et d’économie coloniales.

10- Coloniser : une affaire d’argent

"Il ne faut pas se lasser de le répéter : la colonisation n’est ni une intervention philosophique, ni un geste sentimental. Que se soit pour nous ou pour n’importe quel pays, elle est une affaire. Qui plus est, une affaire comportant invariablement à sa base des sacrifices de temps, d’argent, d’existence, lesquels trouvent leur justification dans la rémunération."

Rondet-Saint, La Dépêche coloniale, 1929

Pour infos. Cf le site http://cabanel.jennifer.free.fr/




17:47 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

ouch C dingue. On se rend vraiment pas compte. Remarque, prend le discour d'un cerain Bush...

Écrit par : Sociopathe | 04/09/2004

Merci Effectivement, l'époque allant du XIVème au XXème siècle est une période de conquête mondiale. Mais ne nous trompons pas, ceux qui sortaient ce genre de poncifs savaient bien ce qu'ils faisaient. Ces discours n'étaient qu'arguments pour justifier leurs expansionisme. Je n'ai pas peur de dire qu'il n'y a aucune différence entre les dirigeants anglais, espagnols, français, belges, et autres et les "ante-christ" Napoléon, Hitler, Staline, Khomeyni, Hussein. LA seule différence ? Ces derniers ont perdu.

Écrit par : Kitani | 04/09/2004

mouai... Ouai tu vas peut être loin. Les dirigeants actuels ne vont peut être pas aussi loin qu'un certain hitler ou staline.

Certes, la "supériorité" européenne a souvent été le cheval de batail d'un certain nombre. Et ses pensées actuelles sont encore polués par l'idéologie occidentale.

Mais prennons les véritables monstres de notre époque... Korée, Cuba... quel est le point commun entre eux et la france, l'amérique... ? La soif de pouvoir. Mais à des degrés différents.

Écrit par : sociopathe | 04/09/2004

La différence ? Elle se situe sur les moyens employés. C'est comme comparer des virus.
Le virus Ebola tue rapidement et de manière foudroyante. On peut classer Hitler, Staline ou Napoléon dans cette catégorie, puis, nous avons le paludisme, la dengue, qui tuent des millions de personnes mais au fond, personne ne s'en intéresse, là, on comparera à Mobutu, Eyiadema, Castro, Xiao Ping. Puis, nous avons le SIDA, le cancer des maladies longues et douloureuses très populaires et médiatiques (Saddam Hussein, Khomeyni, Khadafi, ... et enfin, nous avons les maladies insidieuses, qui tuent lentement, dans l'ombre, que personne ne remarque, (sclérose en plaques, ...) et là, nous avons nos dirigeants. Nos dirigeants qui, plus habilent que les autres dans la manière d'endormir les masses, experts dans la désinformations, la manipulations, nous font penser être des saints ou, à tout le moins, moins coupables que d'autres.
Mais le pire dans tout ça, savez-vous ce que c'est ??? C'est qu'un virus est nécessaire pour l'équilibre planétaire.

Écrit par : Kitani | 04/09/2004

oui en effet, nous sommes sans cesse aveuglés par le silence et la manipulations de ces gens qui nous gouvernent. Et force est de constater que hélas...tant que l'union ne fera pas force devant ces hommes (semblant de mai 68) je ne pense pas que nos personnes seront mieux respectées.
Et je ne pense pas à nous mais à ceux qui hélas n'ont pas notre chance.

Écrit par : petrouchka | 04/09/2004

Mais ... Cela sera toujours pareil. Car ceux qui viennent ont compris les erreurs de leurs prédecesseurs en matière de gestion du peuple et trouvent une nouvelle parade pour endormir les masses. Ainsi, chez nous, on nous endort avec une télévision abrutissante, en mettant en avant une culture sans lendemain (musique, livres "Harry Potter", ....) n'apprenant plus rien à nos enfants, un système de vie (metro-boulot-dodo-boîte de nuit le week-end) empêchant toute réfléxion (à moins de ne pas rentré dans le moule). Ne perdons pas de vue que le premier soucis de chacun de nous est de "réussir dans la vie". On passe son temps à se demander comment acheter ceci, posséder cela. Nous sommes des consommateurs lobotomisés. Et, pendant ce temps, le gouvernement fait ce qu'il veux (augmentation des prix, détournement d'argent public, ...)

Écrit par : Kitani | 05/09/2004

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