31/08/2004

Esclavagisme

Les traditions culturelles arabes découlent du nomadisme. Ainsi dans l’antiquité, les sémites sillonnaient inlassablement les terres désertiques et arides de l’Arabie pré-islamique à la recherche d’un point d’eau ou d’un lieu propice à la chasse, nous dit l’historien Mas Udi. Comme le souligne le professeur Sawat Anis el Assiouty, l’esclavage était déjà en place dans cette Arabie préislamique où les captifs de guerre ont représenté les premiers esclaves. Puis vinrent les naissances d’enfants esclaves de mères esclaves. Les enfants suivaient alors leur mère dans sa captivité. A cela, il convient de rajouter la mise en servitude de débiteurs arabes insolvables.

Avec la mise en place des routes commerciales, les captifs étrangers vont progressivement faire leur apparition dans le monde sémitique. Les marchands d’esclaves apparaissent avec surtout un intérêt particulier pour les femmes étrangères à la peau claire qui sont vendus au prix fort aux riches propriétaires de harems. Abdullâh ibn Jud’ân, chef qurayshite fut par exemple l’un d’eux. Les esclaves hommes sont eux utilisés pour les guerres ou les travaux agricoles. Par exemple, parmi les mercenaires de Quraysh on en recense un certain nombre.

Le mode de vie nomade des sémites préislamiques était basé sur l’élevage de cheptels variés, des déplacements fréquents, des guerres ethniques et la convoitise des biens ou des terres d’autrui. Cette particularité a renforcé le statut familial du père de famille qui agit en maître absolu et a affaiblit le statut des femmes qui doivent se soumettre aux décisions des hommes de la famille.

Durant le Moyen Age, à l’époque carolingienne, des chrétiens européens vont effectuer de multiples razzias auprès des peuples européens de langue slave installés dans la majeure partie de l’Europe centrale et orientale, sur le motif qu’ils sont des Païens. Les rois saxons Henri l’Oiseleur et Otton Ier vont par exemple dès le Xème siècle participer activement à ces captures. Les prisonniers Slaves vont alors alimenter massivement un commerce prolifique entre Venise et l’empire arabe au sud de la Méditerranéenne.Le "Quai des esclaves" à Venise, est d’ailleurs l’un des vestiges de cette période. C’est donc à ce moment que le mot latin "Slavus" désignant les Slaves, va être progressivement remplacé par le mot "Sclavus" d’où le mot "Esclave" pour désigner les Européens privés de liberté et considérés comme des "biens meubles" . Selon l’historien Jacques Heers, les Bulgares même n’échappaient pas non plus aux trafics d’esclaves occidentaux.

L’arrivée de Mahomet ne va pas changer le point de vue des chefs Arabes sur l’esclave. Mieux, ils vont par la suite accommoder le texte avec leur vision du monde.

Marché de captifs vers 1271

"Si notre sainte Loi autorise l’esclavage, elle exige que les esclaves soient traités avec un soin paternel ; ceux qui agissent contrairement à la Loi seront condamnés par Dieu".

Captif noir dans le monde arabe

Cet extrait tiré d’une lettre rédigée le 28 novembre 1849 (21 muharrem 1266) par le grand vizir Mustafa Rechid Pacah et destinée normalement au gouverneur de Tripoli, confirme bien la présence des modalités esclavagistes consignées dans le Coran. En fait, Mahomet a constaté l’existence de l’atrocité de l’esclavage dans sa société d’origine et son désir était probablement de le supprimer progressivement. Comme le souligne le professeur Ibrahima Baba Baké, le Coran rappelle qu’émanciper un esclave est pour le croyant, un des actes les plus louables au point d’effacer les péchés. Pour la Shariya : "Le pire des hommes est celui qui vend les hommes" disait le prophète qui confiât le poste de premier Muezzin à un noir nommé Bilal. Cependant, le Coran reste un reflet fidèle, des traditions sémitiques esclavagiste de son époque. Il admet l’inégalité de fait entre maître et esclave (Cf. XVI, 71) et donne des droits au maître sur son esclave (Cf. XXX, 28).

Dans plusieurs "hadith", Mahomet rappelle l’obligation de traiter les esclaves en respectant leur dignité humaine et va même jusqu’à fustiger ceux qui se montrent cruels avec eux. L’esclave convertit devient certes sur le papier, un membre de la communauté religieuse comme dans les autres religions monothéistes mais reste dans les faits, à l’écart de la société et n’est pas considéré socialement. Il est privé de nombreux droits dans divers domaines (politiques, fiscal, social...).

Chose particulière, l’émancipation des esclaves peut être un excellent moyen d’expier ses péchés. Certains vont donc en abuser. Un rapport de l’ambassadeur de France en Arabie Saoudite datant de 1955, nous apprend que des trafiquants d’esclaves de ce pays envoyaient encore des émissaires en Afrique noire qui se faisaient passer pour des missionnaires Arabes chargés par de riches musulmans désireux d’expier leurs péchés, d’offrir un voyage à la Mecque à des croyants africains peu fortunés. En fait de voyage à la Mecque, il s’agissait d’un traquenard. Une fois arrivé, les pèlerins africains étaient vite capturés et remis aux trafiquants d’esclaves.

Les conquêtes militaires arabes de grandes envergures ont commencé avec la mort du prophète. Quelques années après le mort de Mahomet en 632, les Arabes conquièrent la Palestine en 634, la Syrie en 636 puis l’Egypte. Alexandrie dans le delta du Nil devient leur possession en 642 après 2 ans de résistance assidue. Conquérants alors de l’Egypte, ils décident d’attaquer la Nubie, le pays de l’or. Là, ils se retrouvent confrontés à une résistance imprévue de l’armée Nubienne. Ils vont donc ruser et dévoiler leur penchant pour les razzias et le trafic esclavagiste.

Al Maqrizi (803-871), un traditionaliste arabe, nous a légué des informations importantes sur cette fameuse ruse qui prend la forme d’un traité nommé "Baqt", passé avec le roi des Nubiens. C’est donc l’émir Abd Allah ben Sa’d qui se charge des négociations avec le roi nubien alors régnant sur un état chrétien indépendant. Ci-joint un extrait :

-  Article 1 : Traité accordé par l’émir Abd Allah ben Sa’d, au roi de Nubie et à tous ses sujets auxquels tous les Nubiens (...) depuis les frontières de Alwa, sont tenus de se conformer.

-  Article 2 : Abd Allah ben Sa’d leur accorde un acte de garantie et une Armistice qui les rend alliés de tous les musulmans, tant de ceux du Sa’id que des autres contrées et des peuples tributaires. Oh ! Peuple de Nubie, vous serez en sûreté sous la protection de Dieu et de son envoyé Muhammad. Nous nous engageons à ne point vous attaquer, à ne susciter contre vous aucune guerre et à ne point faire de razzias dans votre pays, tant que vous serez fidèles à observer les conditions stipulées entre vous et nous et dont voici le détail.

L’émir qui cherche manifestement à ramener la situation à son avantage, avoue par écrit que les siens effectuent déjà des razzias d’esclaves. Le texte poursuit :

-  Article 3 : (...) Si des esclaves appartenant à des musulmans se réfugient auprès de vous, vous ne les retiendrez point, mais vous les ferez conduire en territoire musulman.

Ici, les choses se précisent.

-  Article 5 : Vous livrerez chaque année 360 esclaves des deux sexes qui seront choisis parmi les meilleurs de votre pays et envoyés à l’Imam des musulmans. Tous seront exempts de défauts. On ne présentera ni vieillard décrépis, ni vieilles femmes, ni enfants au-dessous de l’âge de la puberté. Vous les remettrez au gouverneur d’Assouan.

(...) Ecrit par Umar Ibn Sharahl, Ramadhan 31/642.

La pratique consistant à réclamer par écrit des esclaves ne fut pas employée que pour les Nubiens. On sait par exemple que les chefs de la région orientale de l’Iran, en se rendant aux Arabes en 652, furent contraint d’accepter la livraison annuelle aux chefs arabes de plus d’un millier de jeunes filles, portant chacune une coupe d’or. De même, les hommes appartenant aux tribus berbères d’Afrique du nord, se virent ordonner par Amr Ibn al-As la chose suivante : "Vous vendrez vos femmes et vos enfants pour payer la capitation pour vous-mêmes" (Cf. Baladhuri, Futuh.

Dès lors, l’Afrique noire va en découdre avec les Chefs Arabes qui convoiteront les terres, la population africaine pour la mettre en captivité et l’or. Comme nous le redit l’historien Ibrahima Baba Kaké :

"L’Afrique noire, pour le Maghreb, était un Eldorado, le pays de l’or. C’est du moins ainsi que les premiers auteurs maghrébins ou arabes présentaient le Bilad-es-Sudan à leurs coreligionnaires du nord. Aussi très tôt les souverains maghrébins s’intéressaient-ils à la possession de cet or. La diffusion de l’islam n’était qu’un prétexte : le but essentiel de l’expansion musulmane en Afrique était la recherche de l’or. Voilà pourquoi les premiers "missionnaires" de l’islam qui se présentèrent aux portes du monde noir furent des missionnaires armés.

Les Arabes comptaient dans leurs rangs des bataillons armés (ex. les Almoravides) qui n’avaient que faire des discussions pacifiques. Une lettre adressée au sultan d’Egypte en 794 après l’hégire (soit vers 1391-1392) par le roi africain de Bornou (nord du Nigéria), illustre pour nous ce rapport de force mis en place par les Arabes. En dépit du fait que son royaume s’était converti à l’islam et que lui-même avait carrément fait remonter, par une pirouette généalogique, la fondation de son royaume à un membre de la tribu de Quraych qui était celle de Mahomet, ses sujets avaient été quand même attaqués, capturés et emmenés de force en captivité. Le roi de cette région du Nigéria demanda alors au sultan de faire en sorte que ses sujets, tous musulmans, soient libérés sur le champ et reconduits chez eux. Ci-joint un extrait de ce courrier :

"Les tributs arabes "ont dévasté tout notre pays, tout le pays Bornou (...) Ils ont fait prisonniers des gens libres parmi les nôtres, ceux de notre souche parmi les musulmans (...) Ils ont pris nos gens comme une marchandise (Cf. Al Qalqashandi, Subh al’A’sha, volume 8, le Caire) ".

Naturellement, le sultan ni contraint et forcé par une quelconque armée africaine, fit naturellement la sourde oreille. Le royaume de Songhaï fut détruit en 1593 par les Marocains. Une grande partie de l’intelligentsia noire siégeant à Gao, capitale de l’empire, fut déportée à Marrakech ou enterrée dans une fosse commune. On vit donc germer dans l’empire musulman, des équivalents du "Code Noir" de Colbert, qui s’adressait à tous les types d’esclaves (noirs, blancs, indiens, etc...). Les lettres de Bengahzi concernant le trafic d’esclaves rédigées en 1875 et les "Instructions concernant le trafic d’esclaves " sont des exemples parmi d’autres.

La traite négrière arabe, il faut l’avouer, porta un sérieux préjudice au continent. On estime à 17 millions, le nombre de personnes victimes de ce trafic entre 650 et 1920. Ce qui correspond à plus ou moins 1.000.000 d'hommes par an.

Notons encore que cette période est heureusement révolue (mis à part quelques cas marginaux). Néanmoins, il est important de signaler que ce trafic était d'une redoutable organisation et à fait entre 3 et 5 fois plus de morts que l'Holocauste. (Les juifs n'ont donc pas le monopole de la douleur et ne sont pas le premier peuple à avoir été exterminé de manière organisée). Il en va de même pour les Indiens d'Amérique ayant été pratiquement exterminé de la surface du Globe. Il est donc temps que, sans tombé dans l'industrie de la souffrance, les pays impliqués dans ce "commerce" admettent leurs exactions et commémorent de concert avec l'Afrique, ces temps difficiles (par exemple, en instituant un jour de Mémoire le 27 avril en souvenir de l'abolition de l'esclavage par Victor Schœlcher, en 1848.


20:52 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

30/08/2004

L'Age de Fer en Afrique

Pour l’Europe, l’historiographie actuelle dévoile que l’Age du Fer est apparu vers 1.200 av. J.-C. Cette technique a atteint son apogée en Autriche avec la civilisation de Hallstatt vers 700 av. J.-C. avant de se répandre sur toute l’Europe. Les Romains ont donc mis à profit cette découverte pour renforcer la puissance de leur armée.

Pour l’Afrique noire, l’historiographie mondiale n'a pas retenu que l'âge de fer était apparu bien avant. Le scénario historique retenu voulait que la sidérurgie avait été introduite en Afrique à partir de l’Asie occidentale, d’abord en Egypte ancienne, puis en Afrique occidentale au IIIème siècle av. J.C. soit par Carthage, soit depuis la Nubie.

Pourtant des datations faites entre 1969 et 1974 bousculaient déjà ce scénario pour les raisons suivantes :

-   Les vestiges de la civilisation Nok (Nigéria) indiquaient que l’Age du fer remontait aux IXème et Xème siècles avant J. C.

-   La civilisation de Termit (Niger oriental) cette date est celle dus VIIème et Xème siècle av. J. C.

-   Au Soudan, l’Age du fer de Napata remonte au VIIIème siècle avant J. C.

On préféra alors mettre en doute ces datations, d’autant plus que l’Age du fer en Tunisie remonte à peine au VIème siècle de notre ère. Néanmoins, une faille était ouverte dans la théorie occidentale de l’apparition du fer en Afrique noire.

Récemment, l’UNESCO a fait plancher un bataillon de chercheurs sur cette problématique complexe, afin de dégager une cohérence scientifique à l’histoire de l’Age du fer en Afrique Noire.

Fours métallurgique du Yatenga avec soldat donnant l’échelle, Source : UNESCO

Médiatisée sous l’intitulé de « Les Routes du fer en Afrique  » cette étude visait à :

-   Cerner l’ancienneté de l’Age du fer en Afrique noire,

-   Analyser son utilisation et sa perception sociale,

-   Cerner les techniques employées et le génie des fondeurs africains,

-   Valoriser le génie scientifique africain,

-   Préserver le patrimoine historique de l’Afrique

Que révèle alors cette étude ?

-   La sidérurgie remonte à au moins 1 500 av. JC à Termit,

-   Au Cameroun le fer était extrait dès 1 200 av J. C. (près du lac Nyanza)

-   A Egaro (est de Termit) l’Age du fer remonte à 2 900 ans av. J. C.

-   En Egypte (à Giseh) on obtient 2 700 ans av. J.C. et à Abydos, 2 350 av. J.C.,

-   En Nubie (Buhen), l’Age du fer remonte à 1991 ans av. J. C.,

-   En Tanzanie (à Kuturuka) on obtient 1 470 ans av. J. C.

-   A Carthage (Tunisie) les datations révèlent à peine 600 av. J.C.

Tous ces faits contribuent d’une part à confirmer que l’Age du fer africain est effectivement le fruit du génie scientifique africain et d’autre part, mettent en évidence l’antériorité scientifique de l’Afrique sur l’Europe dont l’Age du fer remonte à 1 200 av. J. C..

Dès lors, on constate que le fer fut à l’origine de la création des Etats africains de la période précoloniale, tel le Takrur (état de la vallée du fleuve Sénégal, IIIème au XIIIème siècle). Cet état a été fondé par une dynastie de forgeron, les Jaa-Ogo, qui ont introduit la culture de décrue et imposé un pouvoir politique reposant sur le contrôle du fer.

Le royaume Sosso est un autre exemple. Le roi-forgeron le plus célèbre Soumaouro Kanté domina le Mandé (Mali) au début du XIIIème siècle. Cette activité métallurgique répondait aux besoins militaires de divers grands royaumes (Ghana, Songhai, Mossi, Mali, etc...) mais aussi aux besoins de la vie de tous les jours (agriculture, vie domestique...).

Partout, on constate cependant que les forgerons ont eut un statut social particulier et supérieur en raison de leur savoir technologique voire mythique. Beaucoup d’explorateurs ont d’autre part constaté la créativité et la richesse du travail du fer en Afrique noire. Le lettré tunisien Mohamed el Tounsy remarqua par exemple au Darfour (Tchad) et dans l’Ouadai (Soudan) entre 1803 et 1813 :

« Les tuyeaux de pipe en fer dont le travail était d’une pureté et d’une beauté surprenantes. Les tiges sont courbées et serpentées comme certaines pipes européennes mais elles sont plus élégantes, plus gracieuses et elles ont un poli si net et si brillant qu’elle semblent être d’argent ».

On sait encore qu’au nord-Cameroun, les femmes Murgur receuillaient le minerai dans les eaux des ruisseaux. Au Gabon, on faisait de même dans les lits des cours d’eau à sec pour les gravillons associant fer et manganèse. Le fer revêtait un aspect mythique qui exigeait la tenu de cérémonies particulières avant son extraction.

On a aussi découvert en 1911 des mines de fer abandonnées au Tchad (Télé-Nugar) dont les galeries atteignaient 1 km de long et débouchaient sur de grandes salles de 22 mètres. Elles n’ont pas encore été datées.

La réduction directe :

La première technologie attestée est celle de la réduction directe. Elle permet d’obtenir du fer utilisable en une seule opération. Les forgerons construisent des petits fourneaux alternativement chargés de charbons de bois et de minerais de fer. Aux alentours de 1 200° C, le fer se sépare de ses impureté. Evacuées sous formes de scories, celles-ci contenaient des restes de minerai utilisés pour la construction des remparts et autres murs. Le métal récupéré est ensuite purifié par martelage à chaud et transformé en objet.

La réduction indirecte : un fait marquant du génie scientifique africain !

Cette technique permet d’obtenir du fer en deux temps. Les fondeurs puisent d’abord la fonte après liquéfaction totale du minerai dans de hauts fourneaux à partir de 1 535° C. Débarrassée de son excès en carbone, elle est ensuite transformée en acier. Utiliser le même four pour obtenir du fer et de l’acier. Pour comprendre l’extraordinaire avancée de cette technique en Afrique par rapport au reste du monde, il faut savoir qu’en Europe, ce n’est qu’au XIVème siècle de notre ère que cela fut réalisé pour la première fois.

Fours du sud du Mali et du Burkina Faso

Les techniques de combustion du bois varient d’une région à l’autre. Chez les Sénoufos par exemple, on dispose les branches d’arbre en couches mais alternativement en sens contraire. ils forment ainsi des tas hémisphériques de 2 mètres de haut et de 4 mètres de large. Le tas recouvert d’herbes et de mottes de terre, allumé par le bas, se consumme lentement : aucun trou d’aération n’étant ménagé, la fumée s’échappe à travers la couche d’herbes et de terre.

Conclusion :

Cette étude anodine sur l’Age du fer en Afrique noire met en évidence non seulement l’origine africaine de cette technicité mais aussi sa précocité. Il est donc édifiant de voir l’Afrique d’aujourd’hui s’en remettre passivement aux découvertes scientifiques étrangères pour pallier à son retard de développement alors qu’elle est dans beaucoup de domaine scientfique, le continent pionnier et le plus technologiquement avancée dans le passé. Les autres continents, avant de nous devancer, ont du d’abord nous rattraper en s’appropriant des savoirs qui bien souvent n’étaient pas le fruit de leur génie. Les sociétés sont ainsi faîtes qu'elles fluctuent entre périodes dorées et plus sombres. Dès lors, il est important de poursuivre l'enseignement de l'Occident, qui, pour l'instant, est à la pointe du progrès, et d'attendre son heure.

L’historiographie occidentale présente l’Afrique comme un continent sans intérêt Esprits appauvris égal Continent appauvrit, l’équation est simple.

Quels doivent être les orientations pédagogiques à mettre en œuvre ?

-   Renforcer l’esprit africain en lui révélant le génie scientifique des anciens,

-   Orienter les cursus vers les disciplines scientifiques dont les finalités et applications sont importantes pour le développement (énergie solaire, médecine naturelle, sidérurgie, informatique, multimédia, aérospatial...),

-   Créer des récompenses technologiques pour la jeunesse afin de développer l’esprit scientifique (au lieu de faire des défilés de mode à tout va),

-   Développer l’apprentissage des sciences dans la langue maternelle,

-   Développer des coopérations scientifiques inter-états,

-   Créer des universités technologiques (au lieu de favoriser tout le temps la construction de complexes hôteliers),

-   Centrer le développement de l’Afrique sur ses acquis scientifiques et ses cultures,

-   Bref.... Mettre en application ce que disait le professeur Cheikh Anta Diop en... 1950 et qui n’a jamais été fait.

Ce sont les hommes qui développent ou sous développent un pays au profit de puissances étrangères. Plus personne n’est dupe du manège actuel mis en place pour salir l’image de l’Afrique sur la scène internationale et atrophier les consciences des jeunes panafricains afin de les détourner de leur mission :

-   Faire honneur au génie de leurs ancêtres,

-   Collaborer au développement du continent,

-   Créer des conditions de vie acceptable pour les femmes africaines (qui toujours les premières victimes des divers problèmes),

-   Replacer l’Afrique dans le rang des puissances mondiales  

Fours de fonderies ouest-africain

Collaboration à l’étude de l’UNESCO : H. Boucoum, IFAN, L. M. Maes Diop, Gérard Quéchon, Alain Person, P. Kalck, Usinor, Présence Africaine, etc...

Fours à cellule : tronconique (1-4), hémisphérique (5-6), ovoide (7-9)



21:15 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/08/2004

L'Afrique au "Moyen-Age"

Il est évident que des Historiens chercheront à définir l'Histoire en prenant comme angle de référence, celui de leur propre civilisation. Malheureusement, quand cet angle de référence est enseigné comme UNIQUE référence, cela engendre des quiproquo disproportionné dans le domaine historique. Ainsi, le "Moyen-Age" européen indique, selon les historiens, une période pauvre en découverte scientifique. Déjà qu'il est inconvenant pour les hommes de cette période de voir leurs souffrances négligées (finalement, l'Histoire n'est qu'un enchaînement d'événement insignifiant mais ayant une influence sur le suivant) ainsi que leurs découvertes et progrès dénigrées, cela l'est encore plus au regard des autres peuples du Monde (Aztecs, Chinois, Incas, ...) qui poursuivaient une évolution culturelle différente et parallèle. Ainsi en va-t-il de l'Afrique.

"Les universités africaines étaient au Moyen Age des foyers d’une intense activité culturelle. Les villes comme Oualata, Djenné et surtout Tombouctou, avaient déjà leurs universités. L’université d’el Azhar au Caire, l’université Karaouine à Fès avec l’université de Tombouctou, formèrent le triangle culturel de l’Afrique (...) Les ouvrages des écrivains et savants africains avaient été accueillis avec faveur dans tout le monde arabe. ces faits son peu connus et pourtant, dès 1856, Cherbonneau les confirmait dans son Essai sur la Littérature arabe au Soudan : "On remarque, écrit-il, que l’enseignement donné à la jeunesse de ces contrées avait atteint le même niveau que celui des universités de Cordoue, de Tlemcen ou du Caire" (...) Il se formait dans ces universités africaines de véritables lignées de lettrés dont Ahmed Baba était le modèle le plus représentatif. Ce savant dont la renommée déborda largement les limites de la Nigritie, avait saisi toute la subtilité de la pensée arabe de son temps (...) On lui attribue un nombre considérable d’ouvrages traitant du droit musulman, de la grammaire, de l’ethnologie, de la logique, etc... (...) Il y a une dizaine d’années, Mohammed Ibrahim al-Kettani a commencé l’inventaire des manuscrits de l’Occident africain dans les bibliothèques du Maroc (Cf. Hesperis, 1967), sa moisson s’est révélée très fructueuse. Il est écrit à ce sujet : "Il existe dans les bibliothèques du Maroc, une quantité d’ouvrages dus à la plume d’une quinzaine d’auteurs d’Afrique occidentale. Le total général de ces livres se situe autour de trois cents, près d’une centaine sont dus au seul Ahmed Baba". On peut donc affirmer que pendant les XIVème, XVème et XVIème siècles, la philosophie et les sciences s’épanouissaient au même degrès sur presque tout les points du continent afrcain".

Ce passage de l’historien africain Ibrahim Baba Kaké [1], illustre la situation de l’Afrique à l’époque dite du "Moyen Age" européen, dans les zones soumises à l’influence arabe. Cette situation était toute semblable à l’intérieur de grands empires non soumis à l’influence étrangère, tel Zimbabwé par exemple, où l’orientation astrale des monuments et le savoir faire architectural, témoignent de l’existence d’une corporation d’ingénieurs africains de grands talents.

Les écrits des explorateurs européens qui viendront par la suite, reflèteront des rencontres avec des princes, des rois ou des lettrés africains maîtrisant les cultures africaine et arabes et mêmes les sciences grecques.

"Ainsi, au cours de l’expédition Denham-Clapperton-Oudney (1822-1824), le sultan Bello de Sokoto, fils successeur d’Othman dan Fodio, remit à l’explorateur la copie d’un passage de son livre écrit en arabe. Au cours d’un second voyage que ce dernier fit à la cour du Souverain africain en 1827, il a noté ce qui suit dans son carnet de voyage : Dimanche 29- J’ai vu le Sultan ; il était assis dans son appartement intérieur ; il avait devant lui la traduction arabe d’Euclide, dont je lui avait fait présent. Il me dit que sa famille avait possédé un Euclide, qu’un de leurs parents avait apporté de la Mecque ; mais que ce livre avait péri dans l’incendie qui, l’année dernière, avait détruit une partie de sa maison. Il ajouta qu’il était extrêmement obligé au Roi d’Angleterre de l’avoir gratifié d’un don si précieux".

Par le jeu des conquêtes et échanges, les sciences sont parvenues à nos portes. En effet, les sciences grecques ont pour origine l’Afrique noire (Egypte) car il a été attesté que les plus grands savants Grecs ont été les élèves des ingénieurs africains de la période pharaonique. Cependant, après la destruction de la civilisation de la Grèce antique, les arabes étaient pratiquement les seuls capables de lire le Grec ancien. Ainsi, tous les ouvrages grecs ont été traduit en arabe avant d’être détruit. Il fallut donc à l’Europe Occidentale, près de dix siècles avant qu’elle n’accède (au XIIème siècle), aux versions arabes des textes grecs traduit en Latin par les Arabes. C'est en fait lorsque les européens eurent accès aux traductions des arabes en latin qu’ils découvrirent la civilisation de la Grèce antique.

Quant à l’Afrique, le savoir scientifique qu’elle avait autrefois fécondé, lui revenait en partie, par les manuscrits arabes. L’autre partie, n’a elle, jamais vraiment quitté son sol.

Un ouvrage historique consacré aux habits des chevaliers africains mentionne encore pour nous :

"Jusqu’au XIXème siècle, la grosse cavalerie des Foulbés ou Peuls était équipée de cuirasses ou de cottes de mailles sous des manteaux matelassés. Par la suite, les manteaux comme les cuirasses métalliques ne furent plus réservées qu’aux cérémonies (...) dans la grosse cavalerie, la cuirasse (identique à celle des romains) remplaçait la cotte de mailles et offrait contre les flèches et les pointes une protection sans doute meilleure que les vêtements utilisés par les Mossis du Burkina Faso. Le cavalier foulbé était quelque peu handicapé par la lourdeur de son armure qui l’obligeait, en cas de chute, à demander de l’aide pour se remettre en selle" (...) ce lancier de la grosse cavalerie du Baguirmi a été dessiné par un major britannique en 1920. L’homme et son cheval était tous deux protégé par une armure matelassée (...) La hache était une arme très utilisée pour les combats rapprochés. Elle pouvait être décorée comme celle-ci, du Botswana et servir lors de cérémonies rituelles (...) Le guerrier Ethiopien prenait grand soin de son bouclier (...) Les lances étaient souvent employées aussi bien à la guerre qu’à la chasse (...) l’étrier métallique relié à la selle par une courroie de cuir [2]".

 

[1] cf. Combats pour l’histoire africaine

[2] Cf. Terres et peuples d’Afrique, éd. Gallimard


22:51 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

28/08/2004

Erreur archéologique sur le Zimbabwe

Cet article explique l'erreur flagrante qu'ont pu commettre les archéologues occidentaux du XIXème siècle, emprisonné dans une idéologie empêchant toute objecitivité à l'égard des nations Nègres qui veut que toute construction massive en pierre (Egypte, Zimbabwé...) soit issue d’une migration mythique "blanche". Ainsi en découvrant Zimbabwe, le professeur allemand Karl Mauch, stipulait en 1871 que :

"La cité n’a pas été construite par des Africains, car le style de construction est trop élaboré : c’est l’œuvre de colons phéniciens ou juifs".

Et l’article poursuit :

"Un échantillon de bois confirme son analyse rapide : il a la même odeur que son crayon, donc il est en cèdre et provient du Liban."

Mauch est suivi de Willi Pooselt qui dérobe un des oiseaux de stéatite et en cache d’autres, en attendant de revenir les chercher (...) Quand Cécil Rhodes, fondateur de la Société britannique Sud-Africaine, autorise Neal à exploiter toutes les ruines rhodésiennes, Zimbabwe est pillé, ainsi que les autres sites de l’Age du fer : l’or et tous les objets de valeur sont emportés, sans aucun respect pour les constructions ni pour les objets sans valeur marchande (poteries ; objets en argile, figurines). Le premier archéologue à venir sur le site est l’Anglais Théodore Bent (...) Il conclut que Zimbabwe a été construit par une race bâtarde, descendant d’envahisseur blancs venus du Nord, puisque, comme Rhodes et la plupart des colons européens le supposent, des Noirs n’auraient jamais pu le construire".

Pendant ce temps, Les chercheurs africains qui soutenaient le contraire étaient persécutés :

De 1965 jusqu’à l’indépendance, en 1980, le Front rhodésien, parti fondé par le Premier ministre Ian Smith et qui défend un système d’apartheid, censure tous les ouvrages et documents qui décrivent Zimbabwe ; les archéologues qui défendent l’origine africaine de Zimbabwe sont emprisonnés et expulsés ; les Africains qui soutiennent des positions similaires perdent leur travail ; les populations locales n’ont plus le droit d’y célébrer des cérémonies rituelles ; même les visites du site sont interdites.

Soutenue par l’ancien régime sud africain, cette erreur était ériger en vérité historique. Ce n’est que depuis quelques années et surtout la fin du régime de l’apartheid en Afrique du Sud que la construction de Zimbabwe (à savoir "la maison de pierre") a été officiellement attribuée au peuple Nègre Shona de la région. Cela avait déjà été démontré par les historiens africains depuis le début des recherches et aussi en 1905, par l’égyptologue David Randall-Maclver.

Mais qui voit les ruines de Zimbabwe découvre qu’il s’agit en fait d’un empire incroyable par son gigantisme. Imaginez un peu : une immense muraille en forme d’ellipse a une hauteur de 10 m et son épaisseur à sa base est par endroit de 5,50 m pour 1,30 à 3,60 m de large à son sommet. Son périmètre est de 244 m et le sommet de la muraille est décoré de motifs à chevrons. Une tour conique à l’intérieur de l’enceinte s’élève à 9 m de haut pour 5,4 m de diamètre.

A 700 m au nord, on trouve encore l’Acropolis Hill, une colline à sommet plat sur lequel a été construit un immense château fort, dont la fondation remonte au 4ème siècle. Sa muraille s’élève à 11 m de haut pour 100 m de long et 45 m de large. Toute la région de Zimbabwe, couverte de ruines en pierre, s’étend sur une zone de plus de 7 km carrés. On y a même retrouvé de la porcelaine chinoise, preuve de l’existence d’un commerce international déjà florissant à cette époque.

C’est ce gigantisme qui a conduit les chercheurs européens, prisonniers de la vision coloniale de l’histoire de l’Afrique, a déclarer qu’il s’agissait des mines du roi Salomon. Ce qui est intéressant pour nous, c’est qu’au regard de ces vestiges on découvre qu’il existait au sein du peuple Shona, des astronomes avertis (car l’édifice jouit d’une orientation astronomique précise), des architectes doués, des ingénieurs en construction en pierre et en génie civil, des mathématiciens, des maçons, des urbanistes, etc... bref, toute une classe d’intellectuels et de savants qui était les joyaux vivants du royaume Shona.

L’explorateur O. Dapper nous a heureusement décrit quelque peu, la vie dans ce vaste empire du Monomotapa, dirigé par le seigneur Mwana Mutapa :

"On y entre par quatre grands portaux où les gardes de l’empereur font tour à tour la sentinelle. Les dehors sont fortifiés de tours et le dedans divisé en plusieurs chambres spacieuses garnies de tapisseries de coton où la vivacité des couleurs dispute le prix à l’éclats de l’or, si l’on en croit quelques géographes. Des chaires dorées, peintes et émaillés et des chandeliers d’ivoire suspendus à des chaînes d’argent sont une des beautés de ces appartements somptueux. Sa vaisselle est de porcelaine entourée de rameaux d’or".

Un explorateur français du 17ème siècle, Nicolas Sanson d’Abbeville, nous décrit encore le palais (Cf. L’Afrique en plusieurs cartes nouvelles et exactes, Paris, 1656). Nous constatons alors que nul ne manquait d’éloge pour décrire ce vaste empire et surtout le palais :

"Le palais est grand, magnifique, flanqué de tours au dehors avec quatre principales portes ; le dedans enrichi de tapisseries de coton, rehaussée d’or et de meubles riches et superbes".

Cette construction massive en pierre témoignent encore de l’existence d’outils (pelles, ciseaux de taille...), de connaissances mécaniques (leviers, rampes, contrepoids...), mathématiques (cône, ellipses...) architecturales (plans, maquettes), etc...

Il est encore intéressant de noter que ce vaste royaume de Dzimba Zemabwé (Zimbabwé) jouissait, d’une organisation sociale stricte (comme tous les empires africains), reflet d’une société humaine administrée et hiérarchisée. Au sommet de cette hiérarchie sociale on trouve la Namwari (reine Mère) et le Mwene Mutapa (empereur, maître de la fortune richesse) puis viennent les Chembere Mwari (les prêtres), puis les Mashona (fonctionnaires), puis les Renge (artisans), puis les Limpo (agriculteurs), après les serviteurs et enfin les captifs.

Si l’on considère que cette pyramide sociale se rapproche de celle de Kemet (l’Egypte ancienne), on peut légitimement penser que les prêtres cumulaient les fonctions sacerdotales et celles d’ingénieries techniques (construction, astronomie, urbanisme...).

Extrait de l’ouvrage : Les racines africaines de la civilisation européenne - J. P. Omotunde - éd. Menaibuc.

Pour le plaisir des yeux, Etile René-Louis Parfait rajoute des images


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26/08/2004

Civilisé ou sauvage ?

Aux Antilles ou en métropole, les images véhiculées par les documentaires coloniaux ont un impact colossal sur la jeunesse panafricaine qui se détourne massivement de ses racines africaines. On y voit généralement des nègres à l’état sauvage, présenté tels des animaux d'une réserve sauvage ou d'un parc naturel. Vu qu’elle est mal informée, ces images engendrent un profond malaise au sein de la jeunesse africaine, qui ne se sent pas valorisée aux yeux du monde et cultivent un sentiment d'infériorité culturel. Ce qui, a l'instar de la jeunesse hippies des années '60-'70 ou punk des années '80 voire nihilistes des années '90, engendre une sorte de dépit poussant cette même jeunesse à la violence et la délinquance. La jeunesse européenne, quant à elle, ne peut qu'avoir un a priori négatif et un sentiment tronqué sur la véritable valeur du continent africain et de ses composantes. 

FEMME AFRICAINE - 28.5 ko

FEMME AFRICAINE

Français d'origine, j’ai d’ailleurs souvent été confronté à ces images. Mais une chose m’a toujours intriguée. Si l’intelligence est universelle, l’Afrique a forcément connu des hommes et des sociétés civilisés à toutes les époques historiques. Mais où sont-ils ? Pourquoi on en parle pas ? Il me fallait donc partir en quête d’information.

En fait, les récits des explorateurs étrangers (arabes, hollandais, portugais, espagnols, français, etc...) qui furent fort nombreux à explorer le continent africain avant, pendant et après la conquête coloniale, sont d’une très grande importance pour nous permettre d’apprécier les habitudes vestimentaires des peuples vivant à l’intérieur des terres. Car si l’on en croit les documentaires coloniaux, il n’y a eu que des nègres qui marchaient nus au soleil en Afrique. Mais voyons les faits !

L’ethnologue allemand Léo Frobénius (1873-1938), a entrepris près d’une douzaine d’expéditions en Afrique noire entre 1904 et 1935. C’est donc un témoin oculaire qui nous a dressé une précieuse description des habitudes vestimentaires de certains peuples africains. Là-dessus, il nous dévoile que (Cf. Histoire de la civilisation africaine - Léo Frobénius - traduit par Back et Ermont, Gallimard, Paris 1938) :

« En 1906, lorsque je pénétrai dans le territoire de Kassaî Sankuru, je trouvai encore des villages dont les rues principales étaient bordées de chaque côté, pendant des lieues, de quatre rangées de palmiers et dont les cases, ornées chacune de façon charmante, étaient autant d’œuvres d’art. Aucun homme qui ne portât des armes somptueuses de fer ou de cuivre, aux lames incrustées, aux manches recouverts de peaux de serpents. Partout des velours et des étoffes de soie. Chaque coupe, chaque pipe, chaque cuiller était un objet d’art (...) En était-il autrement dans le grand Soudan ? Aucunement (...) L’organisation particulière des Etats du Soudan existait longtemps avant l’Islam, les arts réfléchis de la culture des champs et de la politesse... les ordres bourgeois et les systèmes de corporation de l’Afrique Nègre sont plus anciens de milliers d’années qu’en Europe (...) C’est un fait que l’exploration n’a rencontré en Afrique équatoriale que d’anciennes civilisations vigoureuses ».

DESSIN DE O. DAPPER - 43.2 ko

DESSIN DE O. DAPPER

Un autre témoignage du voyageur portugais Ca da Mosto à propos de la Gambie fait au 15ème siècle, nous renseigne encore sur le sujet (Cf. Relation de voyage à la côte occidentale de l’Afrique - Alvise da Ca da Mosto - 1455 à 1457) :

"Les gens (...) nous sembloyent... très noirs, tous vêtus de chemisolles blanches de coton (...) plusieurs noirs (...) se transportoyent dans nos caravelles, les uns pour veoyr choses nouvelles, les autres pour nous vendre des anneaux d’or et quelques petites besognes desquelles ils usent entre eux comme chemisolles, filets, drap de coton, tissus à la mode, les uns blancs, les autres bigarrés de verd blanc et bleu, et d’autres encore de rouge blanc et bleu, fort bien faits ".

COUR DU ROI ASHANTI - 35.7 ko

COUR DU ROI ASHANTI

O. Dapper, un hollandais, nous révèle aussi de nouvelles informations cruciales à propos des habitudes vestimentaires des habitants de la Volta, du Monomotapa et de la Guinée (Cf. Description de l’Afrique - 1668, Amsterdam) :

« Dans l’Aboréa, proche de la Volta, tous les hommes parmi les Nègres portent une robe de toile de coton... et les femmes portent une robe faite à peu près comme celle des hommes (...) Au Monomotapa, les rois ne changent point de mode, ils portent une robe longue d’un drap de soie tissu dans le pays ; ils portent au côté une serpe emmanchée d’ivoire (...) Les gens du commun s’habille de toile de coton et les grands, d’indiennes brodées d’or (...) Les habitants du royaume de Guinée échangent les toiles qu’ils font (avec leur coton ) (...) Les Nègres de Wanqui ont de l’or et savent faire de forts jolis habits dont ils trafiquent avec les Acanistes ».

Le célèbre voyageur arabe, Léon l’Africain, dont le vrai nom est en fait Hassan Ibn Mohamed el Wazzan ez Zayatte, nous a laissé au 16ème siècle une description précieuse des habitants du Dongola :

« Les habitants sont riches et civilisés, parce qu’ils font le commerce des étoffes, des armes et de diverses autres marchandises en Egypte ».

HOMME PORTANT UN TURBAN - 28.1 ko

HOMME PORTANT UN TURBAN

L’explorateur arabe Ibn Batouta qui visita le Soudan en 1352, fit une remarque intéressante sur l’intérêt des peuples africains pour la science (Cf. Voyages, G. Maspéro, éd. La découverte, 1982) :

« Les habitants de Zâghah ont (...) beaucoup de zèle pour l’étude de la science ».

Il poursuit par une description des séances publiques du roi Mandingue Soleiman Mança (Cf. Voyage au Soudan - Ibn Batouta + Nation Nègre et Culture - Cheikh Anta Diop, tome 2, éd. Présence Africaine) :

"Le Sultan se tient très souvent assis dans une alcôve communiquant par une porte avec le palais. Du côté du michouer, cette alcôve a trois fenêtres en bois revêtues de lames d’argent et au-dessous, trois autres garnies de plaques d’or ou de vermeil. Ces fenêtres sont cachées par des rideaux qu’on relève aux jours de séance pour qu’on sache que le Sultant doit s’y trouver. Quand il s’assoit, on passe à travers le grillage d’une des fenêtres, un cordon de soie auquel est attaché un mouchoir à dessin de fabrique égyptienne et aussitôt que le peuple l’aperçoit, on fait résonner les tambours et les cors (...) Dougha l’interprète se tient debout à la porte donnant sur le michouer, revêtu de riches habits de zerdkana et d’autres étoffes. Il est coiffé d’un turban à franges, façonné d’une manière très élégante d’après la mode du pays ; il porte à son côté, un épée à fourreau d’or ; il a pour chaussure, des bottes, privilège dont personne autre que lui ne jouit en ce jour ; il porte des éperons et tient en mains deux javelots, l’un d’or et l’autre d’argent, garnis de pointes de fer. Les soldats, les fonctionnaires civils, les pages, les messouflits et toutes les autres personnes, restent au dehors du michouer dans une large rue plantée d’arbres (...) Chaque ferrari a un carquois au dos et un arc à la main ; il est à cheval et ses subordonnés, tant fantassins qu cavaliers, se placent devant lui...

Enfin, O. Dapper, nous livre encore son appréciation des habitudes vestimentaires de certaines populations africaines de l’époque pré-coloniale (cf. idem) :

"Lorsqu’ils (les navigateurs européens) arrivèrent dans la baie de Guinée et abordèrent à Vaïda, les capitaines furent fort étonnés de trouver des rues bien aménagées bordées sur une longueur de plusieurs lieues par deux rangées d’arbres : ils traversèrent pendant de longs jours une campagne couverte de champs magnifiques, habités par des hommes vêtus de costumes éclatants dont ils avaient tissé l’étoffe eux-mêmes  ! Plus au sud, dans le Royaume du Congo, une foule grouillante habillée de soie et de velours, de grands Etats bien ordonnés et cela dans les moindres détails, des souverains puissants, des industries opulentes. Civilisés jusqu’à la moelle des os ! Et toute semblable était la condition des pays à la côte orientale, la Mozambique, par exemple".

 


Conclusion :

La plupart des explorateurs cités sont des témoins oculaires. A ce titre, leurs descriptions sont importantes et doivent être portées à la connaissance de la jeunesse tant africaine qu'occidentale

On constate donc que notre intuition était bien exact. L’Afrique a été habitée par des populations qui vivaient à des degrés variés de civilisation. Mais cette situation n’est pas exclusivement africaine puisque qu’à la même époque en Europe, il existait des peuples qui vivaient encore à l’état semi-primitif D’ailleurs, à toutes les époques historiques, ce fut le cas. Par exemple, les Gaulois n’ont jamais atteint le niveau de développement des Romains.

Reste que les documentaires coloniaux portent à merveille leur nom de coloniaux. Car ils ne témoignent pas de la réalité historique avec objectivité. Ce sont des documents à caractère raciste destinés à maintenir l’idéologie de la hiérarchisation des races humaines et à justifier l’inégale répartition des richesses terrestres.


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Civilisation, religion

Le nom chez l’Africain, qui a une signification philosophique, religieuse, éducative et historique, n’était jamais choisit au hasard.

l’écrivain Doumbi Fakoly nous dit à juste raison :

« Plus qu’un instrument d’identification le nom est, à la fois, le réceptacle des émotions collectives et le siège de la mémoire populaire. Interprète de toute la gamme des préoccupations auxquelles les peuples ont eu à faire face. »

Nous avons substitué nos noms à des noms étrangers qui sont souvent en rapport avec notre nouvelle appartenance religieuse. Pourtant une religion qui se veut d’ordre universelle ne devrait imposer à aucun peuple de supplanter ses noms authentiques par des noms étrangers. Porter un nom étranger à notre peuple nous renvoie automatiquement à l’histoire de ce même peuple.

LES MOEURS ET COUTUMES

Nos mœurs et nos coutumes constituent notre héritage culturel et spirituel voilà pourquoi il faut les préserver ; ils nous enseignent les rapports de l’homme à son semblable et à son environnement.

Voici un exemple tiré de la civilisation seereer qui a totalement gardé ses valeurs traditionnelles [2]

Avant de porter un habit neuf le seereer dira la prière suivante :

-   Roog o yaal in Seen, na ata nof
-   Wo ci’axam ndoki ne
-   Ee naayaaxoong ba naayataam

Ce qui signifie :

-   Dieu, notre Seigneur,
-   C’est par ta puissance, que tu m’as donné cet habit.
-   Toi, l’habit, je t’ai monté et que tu ne me montes jamais

Cette toute petite prière enseigne à l’enfant dés son plus jeune âge, de ne pas s’attacher au matériel au point que ce dernier ne prenne le dessus sur lui. Car effectivement quand le matériel prend le dessus sur un être humain, ce dernier est plus enclin à céder à la corruption et à la prostitution de son âme.

LA LANGUE

La langue n’est pas seulement un moyen d’expression. Elle est aussi la mémoire du passé. Elle contient toutes les réalités vécues par un peuple. Aussi longtemps que nos pays continueront à être gouvernés et administrés dans des langues étrangères, inintelligibles pour la grande majorité africaine, leur développement demeurera impossible. Le professeur CHEIKH ANTA DIOP avait coutume de dire que « la démocratie, la justice sociale, le socialisme dans une langue étrangère ne sont que des vocables vides de sens, des leurres » [3]

LES CEREMONIES COMMEMORATIVES

Les cérémonies commémoratives ont pour but de rappeler à la mémoire un événement de grande importance mis en place par un peuple. Or la quasi-totalité de celles que nous célébrons nous est étrangère. Pour s’en convaincre, il suffit simplement de regarder le calendrier. Nous y trouvons des fêtes juives, chrétiennes et musulmanes.

Pour en citer quelques exemples :

  • Pessak ou pâques juive - rappelle la libération des hébreux par Dieu qui aurait détourné de leurs maisons égyptiennes l’ange exterminateur.
  • Chavouoth ou pentecôtes juive - jour anniversaire du don de la loi à Moîse
  • Le baptême de jésus chez les chrétiens - rappelle la purification de jésus par Jean le baptiste
  • Octave de noêl - rappelle la circoncision de l’enfant Jésus
  • La fête du sacrifice chez les musulmans - commémore le sacrifice du bélier par Abraham aux lieux et place de son fils Ismaêl

Cependant, concernant la pessak ou paques juive, il faudrait rappeler que toutes les plaies dont les hébreux auraient été victimes ne sont attestées par aucun document, aucune fresque.
En ce qui concerne le don de la loi à Moïse, il est intéressant de noter que le Nouveau Testament, nous dit : « Moîse fut instruit dans toute la sagesse des Egyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres » (Actes, VII, 22).
Et c’est bien de cette sagesse Egyptienne que Moïse a tiré les principes de la religion hébraïque.
Il y conserva les rites des temples égyptiens comme la circoncision, les fumigations, les sacrifices, les libations etc....

En ce qui concerne le baptême, il est courant de noter que dans toutes les religions à mystère, ce genre de rite existe. Ce n’est nullement une invention du christianisme.
On pourrait aussi constater que le bain des initiés africains le jour de la sortie de leur initiation évoque le baptême chez les chrétiens.

Chez les musulmans, la substitution du bélier à l’enfant pour contenter l’Eternel est également une influence lointaine de l’Egypte sur le peuple hébreu.

LA RELIGION

Nous ne saurions trop insister sur l’importance de la religion que la plupart des gens considère comme quelque chose de personnel.
Chaque Africain devrait faire l’étude comparative des religions d’importation pour bien mesurer l’importance et les conséquences que cela a sur notre peuple. Car beaucoup de contre-vérités ont été servies par les religions étrangères uniquement dans le but d’asseoir leur domination.
Aussi la Bible prétend que la race noire est maudite à travers CHAM ou CANAAN, son ancêtre putatif. Dieu aurait décidé de hiérarchiser les races en trois modèles raciaux à partir des fils de Noé, à savoir : SEM (la race sémite), JAPHET (la race indo-européenne) et CHAM ou CANAAN (la race noire)

Voilà ce que la Bible nous dit [4] :

« Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères..., soit béni l’Eternel, Dieu de Sem ; et que Canaan soit leur esclave ! Que Dieu grandisse Japhet ! Qu’il le bénisse dans les tentes de Sem ; et que Canaan soit leur esclave ».
Comme si Dieu qui représente la Justice pouvait tolérer la domination de l’homme par l’homme.

Il est important de noter que la Bible, en l'état actuel, n'est qu'une pâle copie du texte original. Bien des versions, soumisents à diverses traductions, ont permis la manipulation des textes saints. On ne peut donc décemment pas considérer la Bible actuelle comme le reflet véritable de l'Histoire du Christianisme.

Nous pourrions aussi parler de Bilal premier muezzin de l’Islam qui est passé du statut de compagnon du prophète à celui d’esclave.
Voilà pourquoi il est plus que nécessaire pour l’homme noir d’opérer une étude comparative des religions et d’en connaître tous les aspects.

Les 3 religions révélées tiennent leur origine de l’Egypte ancienne puisque le Sépher de Moïses (livre de la loi qui se compose de la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres Deutéronome) leur sert de base. Par ailleurs, Philon, St Clément d’Alexandrie et les actes des apôtres nous disent que Moïses à été instruit dans les sciences Egyptiennes.
Jean-François Champollion écrivait : « La connaissance réelle de l’ancienne Egypte importe également aux études bibliques, et la critique sacrée doit en tirer de nombreux éclaircissements. » Sigmund Freud, hanté et fasciné par Moïse, proposait l’hypothèse suivante à la suite des fouilles effectuées à Tel el-Armana, site actuel de l’ancienne capitale d’Akhenaton : « Nous aimerions à présent risquer cette conclusion : si Moïse fut un Egyptiens, s’il transmis sa propre religion aux Juifs, ce fut celle d’Akhenaton, la religion d’Aton. »

Et nous savons que non seulement les textes de Salomon empruntent à la Sagesse d’aménemopé, mais également que les similitudes entre le nouveau testament et les textes funéraires Egyptiens sont fréquentes. [5] Il n’est pas moins instructif de noter la ressemblance frappante entre la naissance virginale de jésus et de Horus plus de 3000 ans plutôt, la résurrection de Jésus et d’Osiris. Il faut enfin rappeler qu’à Carthage le christianisme triomphant n’hésita point pour représenter la Vierge, à s’approprier les Statues d’Isis tenant Horus.

Nous allons faire la comparaison entre un texte sacré negro-africain seereer et un extrait du Coran.

Cette prière seereer était prononcé à l’approche de l’hivernage ou en période de sécheresse persistante (A savoir que les prières de ce type étaient pratiquées bien avant l’avènement de l’islam en Afrique noire :

-   Dieu notre Maître, Dieu le Créateur
-   C’est Toi qui es Roi des Rois
-   Tout ce qui est élu, c’est Toi qui l’as élu
-   Tout ce que chacun possède, c’est Toi qui lui as donné
-   Tout ce dont nous sommes privés, c’est Toi qui nous en as privé
-   C’est Toi qui as créé le monde, C’est Toi qui as créé tous les êtres
-   Mais Toi, personne ne t’a créé
-   C’est Toi qui as créé l’Univers de haut en bas
-   C’est Toi qui as créé les nuages porteurs de pluies
-   Nous Te demandons une averse de paix, qui nous apportera la fertilité
-   Qui nous donnera beaucoup de mil pour que nous puissions manger en paix
-   Nous et notre famille Amiin Roog Seen !

Le texte Coranique verset 26 de la Sourate 4 :

-   Dis O Dieu notre Maître de la Royauté
-   Tu donnes la royauté à qui tu veux
-   Et Tu arraches la royauté de qui Tu veux
-   Tu honores qui Tu veux et Tu humilies qui Tu veux
-   Le bien est en Ta main
-   Oui, Tu es capable de tout


Nous tenons quand même à rappeler la nature de notre objectif. Nous voulons uniquement contribuer, modestement, à la réconciliation de l’homme noir avec lui-même, pour que le moment venu il puisse faire un choix, le bon choix.
Et il n’est pas inintéressant de méditer l’exemple de la Mauritanie ou du Sud du Soudan où perdure encore de l’esclavage de noirs envers les noirs.
Sont aussi un appel à la réflexion les partis politiques xénophobes qui existent aux Etats-Unis et en Europe.

Le professeur Cheikh Anta Diop disait qu’il n’aimait pas employer la notion de race car l’humanité à une seule origine. Ceci doit nous permettre de nous rapprocher les uns des autres au lieu de nous éloigner et de nous haïr les uns les autres.
Il disait aussi que la nature au passage crée une espèce et puis ensuite cette espèce se différencie, évolue, s’éteint ou se développe se fragmente mais la nature ne revient pas en arrière pour créer 2 fois l’homme ou 3 fois l’homme. Elle crée une fois l’homme en passant et elle l’a fait en Afrique c’est tout .

 

[1] Cheikh Anta Diop - L’importance de l’Egypte dans les civilisations Africaines

[2] Issa laye tiaw - la civilisation seereer

[3] Cheikh Anta Diop - Le combat politique de cheikh anta diop du BMS au RND

[4] Genèse - chapitre 9 versets 20 à 27

[5] l’évêque, Jean - cahiers de l’évangile n°38 suppl.n°40 suppl.n°46


21:42 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Bref historique des relations entre les nations d’Afrique noire et d’Asie

Durant l’antiquité, l’Egypte ancienne Négro-Africaine, à savoir KEMET , a entretenue des relations continuelle avec le monde Hindou nègre Dravidien :
  la cannelle étant utilisée pour l’embaumement des morts, était achetée en Inde (1).
  Willeke Wendrich, assistant professeur à UCLA (University of California, Los Angeles) confirme que les échanges entre l’Inde et l’Afrique ont été prolifique jusqu’à l’époque où Kemet fut sous domination romaine. (2).
Nous voyons donc bien que les relations (commerce, brassage de population...) Hindous et Africaines ne datent pas de l’arrivée des Hindous aux Antilles vers 1850 !!!
L’historien grec Diodore de Sicile explique encore que c’est pour avoir échangé des notions spirituelles, que les Hindous ont adopté la vache sacrée qui n’est autre que la symbolique d’Isis, la vache sacrée nourricière de l’Egypte ancienne.
L’historien Arabe Mas Udi, relate lui dans les "Prairie d’Or" que les Africains et les Hindous Dravidiens étaient tenus pour des descendants du meme rameau des fils de Cham (fils noir de Noé) :
"Quant aux fils de Cham (fils noirs de Noé), ils s’établirent dans les pays du sud (...) le plus grand nombre des descendants de Canaan, fils de Cham, vinrent habiter la Syrie (...) Nawfîr, fils de Put, fils de Cham, à la tête de ses enfants et de ceux qui le suivaient prit la direction de l’Inde et du Sind (...) Il ressort de cette tradition que les habitants de l’Inde et du Sind sont les descendants de Nawfîr, fils de Put, fils de Cham, fils de Noé".
La parenté de ces deux peuples fut encore soulignée par le Grec Arien (3ème siècle avant J. C.) qui alla jusqu’à comparer l’Inde à l’Ethiopie.
Enfin, l’historien français Fabre d’Olivet, dans son Histoire du genre humain, confirma lui aussi, cette parenté en attribuant à la « race sudéenne », c’est à dire aux Nègres, les réalisations architecturales de l’Ethiopie, de l’Egypte et de l’Inde.
D’autre part, au pays des BASWAHILI (Peuple Bantu du Sud Ethiopien à l’Est Africain jusqu’à la Tanzanie actuelle y compris les archipels de Pemba, Zanzibar...) , dès 3ème siècle avant JC jusque vers 15ème siècle, les relations avec l’Empire Chinois sont attestés différemment (3) :
  la littérature chinoise mentionne des relations commerciales avec l’Afrique Noire à l’époque de la dynastie des Han (entre 220 avant JC et 206 avant JC)
  le don d’un rhinocéros à l’empereur chinois Empereur P’ing (6ème siècle de notre ère) par un ambassadeur Swahili.
  vers 1225, des documents chinois atteste de la rencontre de l’envoyé de l’empereur, Chu-fan-chi avec Baswahilis.
  En 1414, don d’une girafe à l’Empereur Chinois qu’un artiste chinois a peint sur toile. (4).
Par ailleurs, dans les Carnets de Bord du Navigateur portugais Vasco de Gama, vers le 15ème siècle, il est noté que l’expédition vers l’Inde du Sud fut conduite par un capitaine Baswahili ; la destination était le port d’une ville chère à de nombreux Antillais : Kalikata dite Calcutta. (3).
Plus au Sud, dans les ruines de la Forteresse de pierre de l’empire de MWENE MUTAPA (au Zimbabwe actuel) entre le 13ème et 15ème siècle de notre ère, de la faïence chinoise et des tissus perses et hindous ont été retrouvés. Les premiers Européens du 18ème siècle ont à tout prix, essayer de nier la création de cet état africain aux Nègres Bantous, ils voulurent l’attribuer encore à un « Blanc Mythique » bien que la réalité scientifique dise autrement ! (5), (6), et (7).
Enfin vers 1000 de notre ère, le royaume Sud-Africain de MAPUNGUBWE, grand producteur d’or (le rhinocéros en or en est l’emblème) des vestiges asiatiques (porcelaine...) ainsi que des reliquats hindous, perses et des pièces datant de l’Egypte Gréco-Romaine ont été retrouvés par des chercheurs de l’Université de Pretoria. (8)
Grâce à ces relations Négro-Africaines et Asiatiques, vers le 15ème siècle, une carte de l’Afrique fut élaboré par l’amiral chinois Chang Ho, carte nommée "Da Ming Hun Yi » signifiant carte amalgamée de l’empire Ming très précieusement conservée par le Japon à Ryukoku University, Kyoto (9).
Un exemplaire a été récemment remis au Président Sud-Africain Thabo Mbeki.(Lire son discours très édifiant au cours de sa visite au Japon) (10). Sur cette carte, on voit bien le Nil, le lac Tanganyika, le fleuve Zambèze...preuve que ces échanges afro-asiatiques ont été profonds.
Notons aussi que les échanges afro-asiatiques n’ont pas eu d’échos sanglant comme les rencontres afro-européenne...Ceci soulève une question : Qu'a-t-il pu arriver pour que les rencontres afor-européennes dégénèrent à ce point ?

Sources :
1) Histoire générale de l’Afrique de l’Unesco, Volume 1, L’Afrique Ancienne.
2)http://www.popular-science.net/history/india_egypt_trade_route.html visitée le 29/04/03
3) Basil Davidson « African civilization revisited » ; 1991, African World Press Edition page 128-141 - page 154 - 155
4) Joseph Ki-Zerbo « Histoire de l’Afrique Noire », Hatier 1978. page 191.
5) « Pour la Science » janvier 1998
6) Voir l’article Racisme archéologique de Jean-Philippe Omotunde
7) Cheikh Anta Diop « Nations Nègres et cultures » présence africaine 1956, chapitre 3
8) Voir les sites web de l’Université de Pretoria (Afrique du Sud) consacrés à Mapungubwe. www.up.ac.za/services/marketing/mapungubwe.htm http://mapungubwe.up.ac.za/index2.html
9) Site de la télévision anglaise BBC http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/2446907.stm
10) http://www.unu.edu/africa/mbeki/oct2001.html visitée le 29/04/03
11) Aboubakry Moussa Lam « De l’origine égyptienne des Peules », éditions Présence Africaine/Khepera 1997 page 131
12) Cheikh Anta Diop, Conférence de Niamey au Niger en 1984, disponible en format audio sur www.ankhonline.com et www.cesaire.org 13) Ama Mazama « l’impératif afrocentrique » éditions Menaibuc 2003.




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