29/08/2004

L'Afrique au "Moyen-Age"

Il est évident que des Historiens chercheront à définir l'Histoire en prenant comme angle de référence, celui de leur propre civilisation. Malheureusement, quand cet angle de référence est enseigné comme UNIQUE référence, cela engendre des quiproquo disproportionné dans le domaine historique. Ainsi, le "Moyen-Age" européen indique, selon les historiens, une période pauvre en découverte scientifique. Déjà qu'il est inconvenant pour les hommes de cette période de voir leurs souffrances négligées (finalement, l'Histoire n'est qu'un enchaînement d'événement insignifiant mais ayant une influence sur le suivant) ainsi que leurs découvertes et progrès dénigrées, cela l'est encore plus au regard des autres peuples du Monde (Aztecs, Chinois, Incas, ...) qui poursuivaient une évolution culturelle différente et parallèle. Ainsi en va-t-il de l'Afrique.

"Les universités africaines étaient au Moyen Age des foyers d’une intense activité culturelle. Les villes comme Oualata, Djenné et surtout Tombouctou, avaient déjà leurs universités. L’université d’el Azhar au Caire, l’université Karaouine à Fès avec l’université de Tombouctou, formèrent le triangle culturel de l’Afrique (...) Les ouvrages des écrivains et savants africains avaient été accueillis avec faveur dans tout le monde arabe. ces faits son peu connus et pourtant, dès 1856, Cherbonneau les confirmait dans son Essai sur la Littérature arabe au Soudan : "On remarque, écrit-il, que l’enseignement donné à la jeunesse de ces contrées avait atteint le même niveau que celui des universités de Cordoue, de Tlemcen ou du Caire" (...) Il se formait dans ces universités africaines de véritables lignées de lettrés dont Ahmed Baba était le modèle le plus représentatif. Ce savant dont la renommée déborda largement les limites de la Nigritie, avait saisi toute la subtilité de la pensée arabe de son temps (...) On lui attribue un nombre considérable d’ouvrages traitant du droit musulman, de la grammaire, de l’ethnologie, de la logique, etc... (...) Il y a une dizaine d’années, Mohammed Ibrahim al-Kettani a commencé l’inventaire des manuscrits de l’Occident africain dans les bibliothèques du Maroc (Cf. Hesperis, 1967), sa moisson s’est révélée très fructueuse. Il est écrit à ce sujet : "Il existe dans les bibliothèques du Maroc, une quantité d’ouvrages dus à la plume d’une quinzaine d’auteurs d’Afrique occidentale. Le total général de ces livres se situe autour de trois cents, près d’une centaine sont dus au seul Ahmed Baba". On peut donc affirmer que pendant les XIVème, XVème et XVIème siècles, la philosophie et les sciences s’épanouissaient au même degrès sur presque tout les points du continent afrcain".

Ce passage de l’historien africain Ibrahim Baba Kaké [1], illustre la situation de l’Afrique à l’époque dite du "Moyen Age" européen, dans les zones soumises à l’influence arabe. Cette situation était toute semblable à l’intérieur de grands empires non soumis à l’influence étrangère, tel Zimbabwé par exemple, où l’orientation astrale des monuments et le savoir faire architectural, témoignent de l’existence d’une corporation d’ingénieurs africains de grands talents.

Les écrits des explorateurs européens qui viendront par la suite, reflèteront des rencontres avec des princes, des rois ou des lettrés africains maîtrisant les cultures africaine et arabes et mêmes les sciences grecques.

"Ainsi, au cours de l’expédition Denham-Clapperton-Oudney (1822-1824), le sultan Bello de Sokoto, fils successeur d’Othman dan Fodio, remit à l’explorateur la copie d’un passage de son livre écrit en arabe. Au cours d’un second voyage que ce dernier fit à la cour du Souverain africain en 1827, il a noté ce qui suit dans son carnet de voyage : Dimanche 29- J’ai vu le Sultan ; il était assis dans son appartement intérieur ; il avait devant lui la traduction arabe d’Euclide, dont je lui avait fait présent. Il me dit que sa famille avait possédé un Euclide, qu’un de leurs parents avait apporté de la Mecque ; mais que ce livre avait péri dans l’incendie qui, l’année dernière, avait détruit une partie de sa maison. Il ajouta qu’il était extrêmement obligé au Roi d’Angleterre de l’avoir gratifié d’un don si précieux".

Par le jeu des conquêtes et échanges, les sciences sont parvenues à nos portes. En effet, les sciences grecques ont pour origine l’Afrique noire (Egypte) car il a été attesté que les plus grands savants Grecs ont été les élèves des ingénieurs africains de la période pharaonique. Cependant, après la destruction de la civilisation de la Grèce antique, les arabes étaient pratiquement les seuls capables de lire le Grec ancien. Ainsi, tous les ouvrages grecs ont été traduit en arabe avant d’être détruit. Il fallut donc à l’Europe Occidentale, près de dix siècles avant qu’elle n’accède (au XIIème siècle), aux versions arabes des textes grecs traduit en Latin par les Arabes. C'est en fait lorsque les européens eurent accès aux traductions des arabes en latin qu’ils découvrirent la civilisation de la Grèce antique.

Quant à l’Afrique, le savoir scientifique qu’elle avait autrefois fécondé, lui revenait en partie, par les manuscrits arabes. L’autre partie, n’a elle, jamais vraiment quitté son sol.

Un ouvrage historique consacré aux habits des chevaliers africains mentionne encore pour nous :

"Jusqu’au XIXème siècle, la grosse cavalerie des Foulbés ou Peuls était équipée de cuirasses ou de cottes de mailles sous des manteaux matelassés. Par la suite, les manteaux comme les cuirasses métalliques ne furent plus réservées qu’aux cérémonies (...) dans la grosse cavalerie, la cuirasse (identique à celle des romains) remplaçait la cotte de mailles et offrait contre les flèches et les pointes une protection sans doute meilleure que les vêtements utilisés par les Mossis du Burkina Faso. Le cavalier foulbé était quelque peu handicapé par la lourdeur de son armure qui l’obligeait, en cas de chute, à demander de l’aide pour se remettre en selle" (...) ce lancier de la grosse cavalerie du Baguirmi a été dessiné par un major britannique en 1920. L’homme et son cheval était tous deux protégé par une armure matelassée (...) La hache était une arme très utilisée pour les combats rapprochés. Elle pouvait être décorée comme celle-ci, du Botswana et servir lors de cérémonies rituelles (...) Le guerrier Ethiopien prenait grand soin de son bouclier (...) Les lances étaient souvent employées aussi bien à la guerre qu’à la chasse (...) l’étrier métallique relié à la selle par une courroie de cuir [2]".

 

[1] cf. Combats pour l’histoire africaine

[2] Cf. Terres et peuples d’Afrique, éd. Gallimard


22:51 Écrit par Max Lefou | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

Enfin un "VRAI" blog ! Très heureux d'avoir découvert votre blog, grâce à la campagne de Skynet qui nous édite le portrait de blogueurs de semaine en semaine ...
C'est un véritable "coup de coeur" qui ravira grand'nombre de lecteurs !
Amitiés en créativité ...

Écrit par : Jean-Paul Flament | 30/08/2004

Merci Pour votre témoignage.

Écrit par : Kitani | 30/08/2004

Très bon blog j'ai eu l'occasion de séjourner au gabon qd j'avais 17 ans... je l'ai toujours en tête, il ne partira jamais de moi. Merci de montrer l'Afrique!

Écrit par : Maeve | 30/08/2004

Omboué C'est à Omboué que j'ai séjourné avec d'autres étudiants, dans le cadre d'un voyage "humanitaire". je suis évidemment passée par Libreville et Port-Gentil mais pas très longtemps.

Écrit par : Maeve | 30/08/2004

Bonjour et merci pour ce blog original. Cela dit, ce ne sont que des suggestions, diminuer la taille des textes ou les aérer avec de caractères plus épais, quitte à placer des liens vers les sources, cela aiderait au confort de la lecture.

Petite question, qu'est ce que Che Guevara et Arafat ont en commun avec l'Afrique d'hier et d'aujourd'hui ? Certes, l'un a combattu dans le maquis communiste avec un futur "grand démocrate" nommé Joseph Désiré Kabila et l'autre tire encore un peu son soutien des "77" à l'ONU, mais quid pour vous ?

Écrit par : Promethee | 31/08/2004

sa ne se ait pas ta vue se quifont il sont rien n afaire il peuvent pas prendre les allemen ou cher pas moi mes pourquoi en afriques pourquoi vraiment!

Écrit par : kevine | 13/06/2011

sa leur plairai pas a eu pour quoi il font pas l inverce pour voir
pas ce que normalement en afrique il sont malle pas peur il sont très
fort il sont muscler chez pas la il sont peur ses bizare a leurs place
je prend un batons je les tappe.

Écrit par : kevine | 13/06/2011

sa leur plairai pas a eu pour quoi il font pas l inverce pour voir
pas ce que normalement en afrique il sont malle pas peur il sont très
fort il sont muscler chez pas la il sont peur ses bizare a leurs place
je prend un batons je les tappe.

Écrit par : kevine | 13/06/2011

s'il vous plait verifier vos messages

Écrit par : Beilfeftalind | 22/11/2013

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